Portrait d’un Homme. (1)

29 11 2009

Retrouvez une fois par mois, les visages de ceux qui ont guidé et éclairé la vie de millions de personnes, sans que leurs espoirs ne soient jamais véritablement atteint…
Entre admiration et tristesse, ici se trouveront ceux qui, sans les avoir connus, inspirent ma vie et me laissent croire en un Monde meilleur, un Monde où chacun aurait sa place sans avoir à se battre ou à désespérer…

Ahmad Shah Massoud, le Lion du Panshir.

« Est-ce que ces vingt années de guerre m’ont changé ? C’est lui, mon peuple, qu’elles ont métamorphosé. Mais en bien. Elles l’ont hissé au-dessus de lui-même. Elles lui ont permis, à travers la souffrance et la résistance, de se transcender. J’aimais mon peuple, avant. Maintenant, je l’admire. Et mon rêve le plus cher serait de contribuer avec lui, pour lui, à la reconstruction d’un Afghanistan libre ».

Un Homme comme on en voit trop peu dans ce Monde. Un Homme attaché à l’Homme, qui s’est toujours dévoué pour l’unité et la liberté de son peuple. Amhad Shah Massoud, ce Commandant qui a d’abord défendu son pays contre l’hégémonie soviétique, avant de contenir en vain la tyrannie des Talibans.

Cet Homme qui s’est continuellement retrouvé seul face à la Communauté Internationale, qui ne l’a que trop peu écouté. Lui qui avait pourtant mis en garde le Monde des intentions d’Al Quaïda, qui n’allaient pas tarder à s’étendre au-delà des frontières afghanes.

Un Homme qui a aimé et chéri sa Femme, Sediqa, et qui, quoi qu’en disent les rumeurs les plus abominables, a toujours souhaité écouter les conseils de celle-ci. C’était un Amoureux fidèle à la Femme ayant donné vie à ses enfants, et qui cultivait patiemment chaque moment passé à ses cotés.

Il fût aussi un admirable Père, aimant et très attaché à ses enfants, qui trouvait toujours du temps pour jouer avec eux, malgré l’ampleur des combats qu’il menait. Il arrivait qu’il reçoive très souvent ses convives – qu’ils soient militaires ou civils – avec un de ses jeunes enfants sur ses genoux. C’était un père qui désirait que ses filles soient éduquées de la même façon que son fils ainé, lui qui était attaché à l’égalité pour les Femmes.

C’était aussi et surtout un chef d’armée qui a toujours pensé au bien-être de ses hommes, en les encourageant à faire preuve d’Humanité lorsqu’ils combattaient les ennemis de leur pays. Ainsi, les combattants talibans capturés étaient toujours remis à leur familles, sans avoir été soumis à aucune torture.

Il était croyant, et a toujours souhaité défendre un Islam modéré et juste. Il était farouchement opposé à la polygamie et mettait un point d’honneur à faire revenir à la raison ses soldats, lorsque l’un d’entre eux s’apprêtait à avoir une nouvelle femme. C’était aussi un Homme qui était contre le port du voile imposé par les Talibans.

C’était aussi quelqu’un qui aimait la poésie et la littérature, qui parvenait dans ses rares moments de solitude à écrire dans son journal. C’était un féru du jeu d’échecs, un amoureux de cette Nature qui faisait de son pays un endroit si beau. C’était enfin un passionné de l’Homme, et de sa Liberté…

Mais ce fût malheureusement un Homme qui périt le 9 septembre 2001, en croyant pouvoir une nouvelle fois faire part de son combat au Monde en recevant deux journalistes qui n’étaient en fait que des terroristes kamikazes infiltrés.

Cet Homme, c’était le Commandant Ahmad Shah Massoud.

N.B.: Vous pourrez retrouver sa biographie dans un roman écrit par sa propre femme, Sediqa Massoud, et dans lequel vous découvrirez cet Homme mystérieux de la manière la plus sincère et juste, à travers les yeux de cette Femme qui l’a toujours aimé: Pour l’amour de Massoud, aux éditions Pocket.





The game is not over: la Guerre fait toujours recette.

23 11 2009

25 millions d’euros en France, 550 millions de dollars dans le monde. Voici donc la somme récoltée depuis la sortie d’un jeu vidéo, Call of Duty Modern Warfare 2. Depuis le 10 novembre, ce jeu ne cesse de faire parler de lui, de recevoir toutes les éloges possibles et inimaginables, à tel point que les revendeurs spécialisés approchent la rupture de stock.

Il n’y a pourtant pas de quoi se réjouir. Ce jeu, aussi plaisant graphiquement qu’il puisse paraître, n’est ni plus ni moins qu’un jeu de guerre – comme son nom l’indique, où l’unique but est d’aller traquer et éliminer une bande de terroristes. Voici d’ailleurs son rapide descriptif, donné par le développeur sur le site officiel: « Le jeu le plus attendu de l’année faisant suite au jeu d’action en vue subjective le plus vendu de tous les temps, Modern Warfare 2 propose une nouvelle aventure passionnante et pleine d’action où les joueurs devront affronter une nouvelle menace n’ayant qu’un seul but : semer le chaos ». Passionnant me direz-vous…

Cela me gène et m’attriste beaucoup. Je ne comprends pas et ne comprendrai jamais comment il est possible de s’amuser avec une telle chose, même virtuelle. La guerre n’est pourtant pas un jeu, elle est une réalité qui reste la cause principale des crises alimentaires dans le monde, et qui fait plusieurs milliers de morts chaque année, pour chaque conflit ( plus de 100 000 personnes tuées dans le conflit bosniaque entre 1992 et 1995, autant en Tchéchénie depuis 1994, plus de 70 000 morts depuis 1972 dans le conflit sri-lankais, plus de 4 millions de morts au Congo depuis 1997… ). Et ce loisir tend à le faire oublier.

Il faut certes savoir faire la part des choses. Beaucoup diront que chacun à le droit de s’évader à sa façon, de se détendre comme il l’entend. Mais se détendre en inculquant la mort à des ennemis, même virtuels, reste pour moi quelque chose d’invraisemblable !.. Oscar Wilde disait d’ailleurs de façon très juste, que « tant que la guerre sera regardée comme néfaste, elle gardera sa fascination. Quand on la regardera comme vulgaire, sa popularité cessera ».

Vingt-sept conflits avaient lieu à l’aube du XXIème siècle. Au rythme du succès vidéoludique que cela engrange, nous pourrions donc formuler l’hypothèse de futurs jeux, chacun d’entre eux dédié à un conflit en particulier, les faisant ainsi passer de l’indifférence de la communauté internationale, à la réjouissance de milliers de joueurs écervelés… Game over en ce qui me concerne, je passe mon tour.





Le scandale du Millénaire: ces affamés que l’on cherche à éradiquer.

18 11 2009

Le temps presse ! Plus d’un milliard d’êtres humains souffrent aujourd’hui de la faim, et toutes les six secondes un enfant en meurt quelques part dans le monde. Pour affronter cette question d’une ampleur sans égale, les Etats membres de l’Organisation des Nations Unies ont élaboré depuis 2000 un plan à la taille du problème, appelé communément l’Objectif du Millénaire, et qui ne vise pas seulement la faim mais aussi l’éducation pour tous, l’égalité et l’autonomisation des femmes, la mortalité infantile, le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies…

Cet objectif noble a pour date butoir 2015, année à laquelle tous les obstacles au développement humain devraient être surpassés grâce à ce plan avec l’engagement des pays du monde, et notamment celui des plus riches. Un sommet mondial de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) s’est d’ailleurs tenu cette semaine durant trois jours à Rome afin d’avancer sur ce sujet.

Seulement voilà, aujourd’hui nous sommes déjà à la fin de l’année 2009, et ce Sommet s’est soldé par un cuisant échec. En cause, les pays riches, et ce pour deux raisons principales:

Tout d’abord, n’étaient évidemment pas présents les pays membres du G8 (à l’exception de l’Italie, pays hôte du Sommet). Comment donc élaborer un plan à la hauteur des espoirs qu’il suscite, lorsque les huit premières puissances mondiales (produisant 80% de la richesse mondiale) ne se présentent pas à ce Sommet et ne peuvent ainsi donner de garanties suffisantes face au problème de la sous-nutrition mondiale ?

Et puis en second lieu, Jacques Diouf (Directeur Général de la FAO) a déclaré en 2008, que 30 milliards de dollars par an étaient nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde. Pourtant à l’issue de ce sommet, les Etats présents se sont engagés à allouer seulement 20 milliards de dollars sur trois ans pour l’aide aux agriculteurs des pays pauvres. Ainsi, sous nos yeux, le monde rechigne à faire don de ce qui aiderait le milliard de personnes mourant à petit feu, en silence… Pire encore, ces Etats membres de l’ONU cherchent à diminuer chaque année le budget de la FAO (aujourd’hui de 370 millions de dollars par an, soit 20 % de moins depuis 1995), tout comme le PAM (Programme Alimentaire Mondial), qui était à court de fonds pour début 2009.

Alors je souhaite que l’on ouvre enfin les yeux sur cette abominable hypocrisie planétaire qui se joue devant nous, au dépend du droit à la vie. En effet, rappelons-nous qu’en raison de la crise économico-financière d’entre 2007 et 2008, les Etats-Unis ont su allouer sans trop hésiter 700 milliards de dollars pour sauver leurs banques, et que la France a également débloqué 350 milliards d’euros pour sauver les siennes. Si je conçois parfaitement qu’il était nécessaire de nous préserver d’une crise systémique pouvant avoir des effets bien plus catastrophiques à l’échelle nationale et internationale, j’ai énormément de mal à accepter l’idée que ces mêmes Etats refusent d’aider les plus pauvres.

Des pays comme les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni ou encore la Chine, parmi tant d’autres, profitent de toutes les ressources du tiers monde, qu’il s’agisse de la main d’oeuvre, des reserves minières, pétrolières. Ces pays riches deviennent plus riches encore grâce aux plus pauvres, et vont jusqu’à se permettre aujourd’hui de refuser de la façon la plus infâme qu’il soit de leur accorder une aide décente et efficace. À eux-seuls pourtant, la France et les Etats-Unis, avec le montant de leur plan de sauvetage des banques (1 050 milliards de dollars), auraient pu éradiquer la faim dans le monde… pendant 35 ans !

La situation est pourtant d’une urgence extrême. De plus de 850 millions de personnes affamées dans le monde en 2008, nous sommes passés à 1,02 milliards en 2009. Les céréales telles que le blé ou le riz, ont respectivement augmenté depuis mars 2008 de 130 et 74%. Il va sans dire que de nouvelles émeutes de la faim couvent et éclateront dans les mois prochains. La colère gronde, et toutes ces personnes dont les pays les plus riches n’ont que faire de leurs besoins les plus vitaux sauront faire éclater de nouveau leur indignation, et auront bien pour conséquence de menacer la paix et la sécurité dans le monde !

Nous ne sommes pas seuls, il est temps de s’en rendre compte. Réveillons-nous, car c’est à croire que ce n’est pas la faim que l’on cherche à éradiquer, mais plutôt les affamés !..

 

Quelques chiffres en rapport avec le sujet:

Sous-alimentés dans le monde en millions (Source: FAO):

Asie-pacifique: 642.

Afrique subsaharienne: 265.

Proche Orient-Maghreb: 42.

Amérique latine: 53.

Pays développés: 15.

Augmentation du prix des céréales depuis mars 2008 (Source: FAO):

Blé: + 130%

Soja: + 87%

Riz: + 74%

Maïs: + 31%

1200 milliards de dollars ont été dépensés pour l’achat d’armes dans le monde en 2008.

- Le gaspillage de nourriture d’un seul pays peut coûter 100 milliards de dollars.

- Les sommes données pour l’agriculture dans les pays en voie de développement sont de l’ordre de 4 milliards de dollars, alors que 125 milliards de dollars sont consacrés aux subventions agricoles dans les pays riches.

- L’excès de consommation des personnes obèses dans le monde coûte 20 milliards de dollars.

- 1 % seulement du montant des plans de sauvetage de l’économie aux Etats-Unis et en Europe pourrait permettre de financer l’intégralité du travail du PAM.

 

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille de lire et/ou regarder:

- L’ouvrage L’Empire de la Honte, de Jean Ziegler (Ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation à l’ONU).

- Le documentaire We The Feed World – Le Marché de la Faim.





Islam, nous ne devons pas te craindre.

15 11 2009

Sous prétexte qu’il est différent, faut-il craindre l’autre ? Si certaines personnes n’ont pas les mêmes croyances que nous, faut-il les exclure ? Faut-il discriminer une population toute entière sous prétexte qu’une infime partie d’extrémistes utilisent une violence qui est certes, réelle, mais absolument pas représentative de la population à laquelle ils appartiennent ? Voilà aujourd’hui les questions que les médias et toute la société occidentale occultent trop souvent au sujet de l’islam, et qui révèlent par ailleurs tout l’enjeu de son intégration dans le monde.

extremistes

Où que l’on vive, quel que soit ce qui est diffusé dans les médias, le sujet de l’islam apparaît quotidiennement dans notre vie, et ce toujours de la même manière, sous l’angle de la crainte: l’OTAN contre les talibans en Afghanistan, les attentats au Pakistan, Al Quaïda dans le monde, et même le voile et la burqa en France… À trop craindre l’extrémisme islamique, c’est maintenant à l’islam dans son ensemble que l’on cherche à rejeter, ainsi que ses pratiquants et toutes ses valeurs véhiculées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Triste amalgame que cela…

black-panthersCe que l’on oublie trop souvent, c’est que pour mieux comprendre le présent et appréhender le futur, nous ne devons jamais perdre de vue notre passé. Ce que j’essaie de dire, c’est que cet immense débat à visée discriminatoire que nous connaissons actuellement me rappelle celui qui s’est tenu dans les années 1960-70, à propos de la situation des noirs aux Etats-Unis. Rappelons-nous, lorsque la discrimination envers la population noire était à son paroxysme, cela avait entrainé un cercle vicieux, le même qui est repris aujourd’hui en ce qui concerne la population musulmane: À coté du combat pacifique de Martin L. King, se déroulait aussi une lutte favorisant la violence, prônée par les non-moins connus Black Panthers et Malcolm X, et qui se traduisait notamment par des actions coup de poings, des passages à tabac… voire des tentatives d’attentats.
Cette violence, véhiculée pourtant par une infime minorité d’extrémistes noirs, était un argument suffisant pour que des blancs parlant plus fort que les autres viennent à se demander en quoi la population noire méritait-elle d’être intégrée à la société américaine. Ainsi, parce que les étasuniens ne prêtaient attention qu’à leur peur véhiculée par les extrémistes, beaucoup ont cru qu’il n’était pas bon d’accorder des droits égaux aux noirs. Et pourtant, qu’en est-il aujourd’hui ? Inutile de nous rappeler qu’un homme noir préside les Etats-Unis d’Amérique. Certes, certains diront qu’il reste encore des ghettos où la population noire reste marginalisée et où la violence est toujours cristallisée. Mais un immense chemin de tolérance et de respect a été parcouru depuis.enfant-enferme-gaza
Peut-être pourrions-nous en dire de même en ce qui concerne la situation catastrophique au Moyen-Orient, où Israël fait endurer un calvaire inhumain à l’ensemble de la population palestinienne, sous prétexte d’attentats commis par des palestiniens. Mais encore une fois, seulement une minorité d’extrémistes palestiniens sont à l’origine des tueries parfois quotidiennes du coté israélien, ce qui ne doit en aucun cas justifier le supplice disproportionné et totalement injuste enduré par la population palestinienne dans son ensemble.

Il en est donc aujourd’hui de même concernant l’Islam. Si la menace terroriste mérite qu’elle soit prise au sérieux, nous ne devons pas pour autant considérer que tout musulman est un terroriste présumé ou qu’il déteste l’occident et/ou toute autre religion que la sienne. Il ne s’agit que d’une minorité de personnes, qui même si elles parviennent à faire grandement parler d’elles, ne reçoivent aucun soutien de l’immense majorité musulmane. Ne tombons donc pas dans ce piège médiatique qui cherche à attiser cette psychose ! Toute forme d’extrémisme reste condamnable, et les crimes commis en son nom seront à jamais impardonnables, mais il nous est tout aussi nécessaire de nous préserver de ce genre d’amalgame douteux !

Nous ne devons pas non plus dénigrer cette religion au profit de notre culture. Nulle religion n’est meilleure qu’une autre (n’oublions pas le christianisme a aussi engendré beaucoup de mort dans son histoire !). L’Islam, n’est qu’une religion parmi tant d’autres, et la société mondiale doit la respecter comme elle le fait avec le christianisme ou le judaïsme. A repousser aussi longtemps que possible l’islam sans chercher à le comprendre, c’est une nouvelle forme d’extrémisme que nous créons, aux antipodes mêmes de la tolérance des valeurs qui font de notre monde un endroit si riche… et unique !

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Aussi longtemps que l’Homme existera, le respect de l’autre, de ses valeurs, ainsi que la tolérance envers ses croyances resteront le premier pas vers une paix durable et honnête. Nous avons tous quelque chose à apprendre d’une autre personne, encore plus lorsqu’elle ne partage pas la même culture que nous… Car qui que l’on soit, l’intolérance est notre ennemie commune.

Que ce message puisse être partagé par tous

Paix ~ Salam ~ Peace ~ Shalom





Les Oubliés de la Cité.

13 11 2009

« Je veux lui dire [ à la France qui souffre ] que si nous le voulons, nous ferons reculer le chômage de masse, la pauvreté, les inégalités.

[] Je veux lui dire les yeux dans les yeux que je dirai tout avant l’élection parce que je ferai tout après. Je sais que vous vous êtes souvent sentis trahis. Je ne vous trahirai pas. Je ne vous mentirai pas. Je ne vous abandonnerai pas.

[] Mais il nous faut aller plus fort et plus loin. Il nous faut plus d’imagination, plus de volonté. Il nous faut passer du renoncement à l’audace.
 Ce renoncement est une faute. Le cacher serait une faute plus grave encore. Il faut du courage pour poser le bon diagnostic. Je le fais car je ne veux pas que demain ressemble à hier.

[] À rester sourds au cri de la France qui souffre, nous prenons le risque de la pousser à crier plus fort encore sa douleur et sa révolte. Ouvrons les yeux.

[] Je veux aider les Français qui souffrent à sortir de leur détresse. 
Je veux donner l’énergie de s’en sortir à ceux qui n’en ont plus la force.

[] Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Si on n’est plus choqué quand quelqu’un n’a plus un toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s’en trouvera remis en cause. »

Discours de campagne présidentielle de M. Nicolas SARKOZY.
Discours pour la France qui souffre.
Charleville-Mézières – lundi 18 décembre 2006

Beaucoup de belles paroles, et surtout beaucoup d’espoirs à la suite de ce discours, tenu il y a près de trois ans. Mais en ce mois de novembre 2009, qu’en-est-il vraiment ?

Sans-abri

En 2004, il était estimé lors d’un comptage de l’institut INSEE pendant une nuit de janvier, qu’il y avait en France plus de 86 000 personnes dormant dans la rue. Aujourd’hui, le nombre de personnes vivant ainsi ne peut indéniablement pas avoir diminué, suite évidemment à cette crise économico-financière devenue sociale, et touchant parfois plus particulièrement certaines personnes, qui aujourd’hui se retrouvent sans le sou et à coucher à même le sol en pleine rue.

L’actualité nous a toutefois évoqué que le gouvernement français s’était lancé dans un projet qui mérite d’être souligné et acclamé. Il a en effet été annoncé – parmi les mesures phares – que chaque SDF serait assisté d’un référent personnel. Alors évidemment, nous devons, tous autant que nous sommes, encourager les responsables de ce dossier. Mais cela intervient après trois longues années des promesses électorales de N. Sarkozy, qui promettait à toute la France qui souffre qu’aucune personne ne dormirait dehors d’ici deux ans.

Durant ces trois [trop] longues années, il a été estimé que 330 hommes et femmes démunis avaient péri dans la rue en 2008. En septembre 2009, il été été évalué que 205 personnes étaient mortes dehors, depuis le début de cette même année. Et en ce mois de novembre, il est annoncé que ces mesures seraient mises en place d’ici les six prochains mois, ce qui nous renvoie aux mois d’avril – mai.

Abbé Pierre

Six mois donc pour initialiser ce plan d’arrache pieds, mais combien de morts devrons-nous découvrir encore cet hiver, en attendant ? Je ne m’égarerai pas sur l’objectif peut-être irréaliste d’attribuer un référent à chaque SDF. Rien n’est en effet encore fait, ni parfaitement décidé. Ce qui m’interpelle avant-tout, c’est que non seulement nous sommes à la veille de l’hiver, mais qu’en plus ces mesures ne seront pas efficaces avant six longs mois. Pourquoi ne pas avoir commencé à réfléchir à ce projet dès le printemps de cette année ? Et pourquoi avoir attendu trois années pour élaborer un tel projet alors que N. Sarkozy prévoyait un délai de deux ans pour remédier à tous les problèmes des sans-abris ?

Souhaitons donc que tout soit élaboré au plus vite, et le plus intelligemment possible. Par ailleurs, il arrivera peut-être que certains sans-abris refusent ce suivi, cette aide accordée par l’État, comme cela est parfois le cas lors des plan « grand froid », où le SAMU ou des associations se heurtent au refus des sans-domiciles pour se mettre au chaud. Gardons à l’esprit que 300 jours par an, ces Êtres Humains sont totalement ignorés par notre société. Mettons-nous à leur place ne serait-ce que quelques secondes, et imaginons-nous quel sentiment cela pourrait nous donner, lorsqu’enfin la société se tourne vers vous, et ce seulement pour se donner bonne conscience… Il faudra donc que ce plan de réintégration de l’ensemble des sans-abris tienne ses promesses, pour redonner confiance à toutes ces personnes.

Il est temps de cesser d’abandonner ces gens à leur pauvre sort, et de redevenir à nouveaux tous fraternels. Un sourire accordé, quelques mots échangés… Ce sont là les premiers ingrédients pour que tous ces hommes et ses femmes se sentent renaître aux yeux du monde, et retrouvent enfin la force d’affronter toutes les démarches administratives absurdes et contradictoires dans le but de retrouver un logement et un travail. C’est ensemble, que nous parviendrons à changer les choses…

Pour finir, rappelons-nous cet appel vibrant, un soir d’hiver 54, par celui qui se fera à la suite de cela, la Voix des sans-voix

“Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t’aime”.

N.B.: Si vous habitez Montpellier ou sa région, vous pouvez aider un petit groupe de gens qui propose à tous les sans-abris, de leur remettre aussi souvent que possible toute sorte de vêtements chauds et de couvertures. Téléphonez au 06.48.62.26.80, envoyez un mail à l’adresse madag.nad@hotmail.com, ou visitez cette page. Nous nous chargerons de venir récupérer vos affaires et de les remettre aussitôt aux personnes qui en on besoin ! Un grand Merci pour votre Générosité et votre Humanité.