Français(e)… et tout de même fier(e) ?

4 11 2009

Puisque cela semble si important pour nos gouvernants, puisque visiblement à leurs yeux il y a un véritable soucis d’identité “à la française”, je souhaite moi aussi participer à cela et témoigner sur ce qui fait de moi un français… mais pas seulement, car dans un débat aussi important, il y a certaines choses qu’il est important de ne pas oublier, en tant que français. Jugez donc par vous-même:

Je suis français et fier car je sais que dans l’Histoire du peuple auquel j’appartiens, des hommes et des femmes se sont battus pour leur liberté, et que leur combat a eu un retentissement dans le coeur et la vie de tous, à quelque époque que ce soit, d’hier, d’aujourd’hui et même de demain.

Je suis français parce qu’au fond de mon coeur, les mots « liberté, égalité, fraternité » ont une résonance qu’aucun autre mot ne possède. Pas seulement parce qu’il s’agit-là de notre devise. Ensemble, ces mots forment cette trinité indivisible qui doit composer la vie de tous. Ainsi, dans tout ce qu’ils représentent, ces mots continuent inlassablement de me faire vibrer de tout mon être.

Je suis le français que je suis, car je suis fier que mon pays ait été à l’origine du texte qui représente à lui seul la grandeur de l’Humain, cette Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui relit ainsi des millions de personnes au même rang d’égalité, sans aucune distinction.

Je suis français car je crois très sincèrement en la démocratie, et à la liberté des peuples à choisir leurs représentants. C’est ainsi que ma fierté se joint à la joie lorsque mon pays est représenté comme l’un de ses modèles.

Je me sens français, et tous ces éléments emplissent mon coeur d’un enivrant sentiment de fierté, car ils s’unissent parfaitement à cette soif de justice naturelle et d’égalité entre tous que n’importe quel homme dans le monde possède. À tel point que je me dis qu’il n’y a pas de nation plus grande que la France, pays où l’étendard de la liberté de chacun, de l’égalité de tous et de la fraternité de son peuple tout entier n’a jamais été porté aussi haut.

Et pourtant…

Je peine à me sentir français lorsque mon pays s’en va en guerre, avec le culot de la faire passer pour noble – puisqu’au nom de la démocratie, comme si cela pouvait justifier la souffrance causée par les bombes et le nombre de morts.

Je ne me sens pas français lorsque les gouvernants de mon pays sont reçus par une autre nation, avec des valises pleines de contrats de ventes d’armes, de bombes, d’avions et d’hélicoptères de guerre.

Je ne suis pas français lorsque je vois que rien n’est fait pour Paul, Denise ou Antoine qui dorment dans la rue et doivent difficilement franchir d’absurdes démarches administratives pour revenir à une vie normale.

Je ne veux plus être français quand mon pays s’acharne à renvoyer trois hommes qui ont fui leur pays sous peine d’y être blessés, torturés ou tués par une armée ou une autre. J’ai honte de lire sur mon Etat civil que j’appartiens à la nation qui renvoie trois personnes désespérées sans se soucier humainement de leur raison d’être dans notre pays.

Je me demande ce que je fais, en tant que français, lorsque mon pays fait primer ses intérêts économico-financiers et éloigne la question des droits de l’Homme et de la démocratie lors d’entretiens internationaux avec des pays où la situation de la dignité humaine est critique.

À cause d’un tel débat, je ne sais plus si je suis d’abord français ou européen, lorsqu’il y a quelques mois à peine, on s’entêtait à me faire comprendre que j’étais avant tout un européen avant d’être français, pour m’inciter à venir voter et rendre ainsi la légitimité démocratique du Parlement européen plus crédible.

Je ne suis pas français lorsque la politique nationale remet en cause la diversité culturelle et la liberté religieuse de mon pays. Il me semble évident que la laïcité ne doit pas être synonyme de stérilité culturelle.

Je regrette d’être français lorsque mes gouvernants soutiennent de façon parfois non-dissimulée des gouvernements despotiques en Afrique au détriment des populations, qui continuent pourtant de voir en mon pays un symbole exemplaire de la lutte pour la démocratie.

Je ne suis pas français lorsque mon pays ne fait rien pour freiner l’exploitation sociale et minière de nos entreprises à l’étranger, qui n’ont que faire de ces questions fondamentales. La recherche de profit doit se faire dans le respect de la vie humaine et des personnes participant à la réussite de l’entreprise étrangère dans leur pays. Le respect de l’environnement est aussi une question primordiale qui ne doit pas être écartée.

Je ne souhaite plus être français lorsque je découvre avec stupeur l’état des prisons de mon pays et l’immobilité du gouvernement pour réagir à la détresse de ces hommes enfermés qui, malgré leurs erreurs, possèdent le droit inaliénable de conserver toute leur dignité.

Je me demande si je suis bien français lorsque j’apprends qu’à notre époque encore dans un pays tel que le mien, les femmes ne bénéficient pas des mêmes salaires et autres perspectives de carrières que leurs collègues masculins.

Je me demande enfin, ce que je fais en tant que français, lorsque je découvre l’énormité de mon malaise personnel sur cette question. À trop chercher tout ce qui fait de moi un citoyen français, j’en suis à me demander d’oublier cette identité nationale qui me relie à 65 millions d’autres personnes. Tout cela porte atteinte à ce qui fait ma fierté envers ma nation et concourt à faire de moi un étranger dans mon propre pays.

tsi5_delacroix_001f





Tradition sanglante.

2 11 2009

La culture ou encore ce que d’autres préfèrent nommer tradition, doit-elle se perpétuer au détriment de l’évolution des moeurs ? C’est le problème que pose depuis de nombreuses années la tauromachie et ses abominables corridas.

taureau_vs_matador
Ces mises à mort chorégraphiées font en effet l’objet de nombreuses protestations de la part de plusieurs associations, mais aussi de personnes comme n’importe qui d’entre nous, qui n’ont pas nécessairement un attachement particulier envers une de ces associations. C’est ce que révèle à cette occasion une étude réalisée auprès d’un millier de personnes en France, par l’institut de sondage IPSOS.

Parmi les résultats constatés, il est établi que:
- 44% des personnes interrogées pensent que ces spectacles contribuent à la banalisation de la violence auprès des plus jeunes.
- 52% des femmes soutiennent cette opinion.
- 36% seulement des hommes interrogés partagent aussi cette idée.
- Les plus jeunes interrogés ainsi que les personnes de plus de 60 ans sont majoritairement d’accord avec cette affirmation.

Alors que retenir ? Et bien qu’il existe bien en France une assez grande catégorie de personnes qui se sentent gênées face à ces atrocités, et qu’il ne faut en aucun cas banaliser ces actes à une époque comme la notre, plus avancée et plus éclairée intellectuellement qu’aucune autre.
Dans tous les cas, que l’on soit pour ou contre cette tradition barbare, il ne faut absolument pas oublier qu’il s’agit ni plus ni moins de mises à mort d’êtres vivants qui possèdent pourtant le même droit de vie que n’importe quel être humain.
Une majorité de français est aussi farouchement opposée à la peine de mort. Nous pourrions très largement faire un parallèle avec ce que vivent ces taureaux !

L’objet de ce message n’est pas de vous adresser une quelconque morale. Il est simplement question d’éclairer notre réflexion en gardant à l’esprit qu’il s’agit bien d’êtres vivants, au même titre que les humains. La souffrance physique est toujours la même, que l’on soit un Homme, une Femme, ou un taureau. Tout comme la peur que l’on peut ressentir face à un tueur…

Enfin, sachez que, comme le révèle l’Association One Voice, la tauromachie qui est véritablement une industrie, est financée en partie par les contribuables, autrement dit par nos impôts ! Pas moins de 22 millions d’euros seraient ainsi alloués chaque année par l’Union Européenne aux éleveurs consacrés aux corridas ! Il n’est donc pas seulement question d’un problème éthique, de respect envers des êtres vivants, mais aussi d’un problème qui demande une meilleure utilisation des fonds publics !

Pour plus d’informations, je que vous conseiller cet article publié par One Voice.

Source.





Qui sera le plus français des français ?

26 10 2009

J’ai envie de lancer un grand débat sur les valeurs de l’identité nationale, sur ce qu’est être Français aujourd’hui, (…) quelles sont les valeurs qui nous relient, quelle est la nature du lien qui fait que nous sommes français et que nous devons être fiers. Je pense par exemple qu’il serait bon que tous les jeunes Français aient une fois dans l’année l’occasion de chanter la Marseillaise. “

Eric Besson, le 25 octobre 2009.

Eric Besson est de retour. Galvanisé après avoir fait de son mieux pour s’attirer les faveurs de son Monarque grâce à un sournois coup de passe-passe nocturne (à tel point qu’il en déborde d’inhumanité), Eric Besson ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Finis les charters et les étrangers, place maintenant à un syndrome franco-français, l’identité nationale ! Certes, il n’est pas seulement Ministre de l’Immigration, mais aussi de l’Identité Nationale. Toujours est-il que développer une idée de la sorte comme il l’a fait ce dimanche ne présage rien de bon et il est nécessaire rester très vigilant face à de tels propos…

Que voir dans dans un tel discours ? Peut-être pourrions-nous tout d’abord distinguer une nouvelle fois l’ambition du Ministre, ce plaisir malsain de rajouter une couche après le renvoi d’immigrés afghans et s’assurer ainsi qu’il était bien question d’un devoir national (et cumuler les bons points du Président de la République). En clair, il est évident pour le Ministre que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, et que nous devons rester unis face à l’adversité (et les opposants aux charters). Expulsons alors, et chantons tous fièrement la Marseillaise à chaque étranger renvoyé !.. Le Président n’en sera que davantage ravi !

Mais ne pourrait-on pas y voir aussi un paradoxe aussi français qu’européen… Rappelons-nous, il y a quelques mois à peine à l’occasion des élections européennes, que ce même gouvernement dont il est question ici désespérait de voir s’afficher un nouveau record d’abstention. Cruel désaveu pour une Europe qui se dit démocratique. Et pour cause, ce sentiment inaltérable de se sentir français avant d’apparaître comme un européen. N’était-ce pas ce même gouvernement qui s’entêtait donc à nous faire les yeux doux afin de nous inculquer l’idée que nous sommes tous européens avant d’être français ? Après de telles paroles hier de la part de M. Besson, le comble de l’absurde a une nouvelle fois été atteint.

Enfin, et pour en finir, ne pourrait-on pas y voir une nouvelle manoeuvre politique (après avoir épuisé le sujet de l’insécurité et bientôt celui de l’immigration) afin de récupérer encore et toujours les électeurs du Front National ? Certains penseront -et le Ministre en premier- que réfléchir à l’Identité Nationale pourrait permettre à l’unité du peuple français de renaître. D’une part ceci est totalement faux, mais d’autre part il s’agit en plus -et surtout- d’un terrain très dangereux. Un tel débat touchant d’aussi près les français ne pourra que faire apparaitre de vives tensions qui attendront la moindre occasion pour s’enflammer. La nationalisme n’a jamais été quelque chose de bon, à quelque époque que se soit, et à toujours trainé avec lui de très sombres agissements.

Alors pour ne pas tomber dans un un tel piège qui mettrait à feu et à sang un pays déjà trop mal à l’aise avec sa culture, n’oublions pas qu’en tant que français (s’il est à tout prix question de se voir ainsi), nous devons avant tout nous reconnaître dans les valeurs universelles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, et que la devise de notre pays reste et doit rester “Liberté, Égalité, Fraternité“. Deux valeurs fondamentales que l’État français semble oublier à mesure que les années (et les gouvernements !) défilent.

Ce pays me fait peur et de tels propos de la part d’un Ministre dans une période comme celle que nous traversons actuellement ont de quoi glacer le sang. Ne tombons donc pas dans ce piège. Français, européen, Noir, blanc, chrétien ou musulman, rien de tout cela ne nous unis ou doit nous pousser à nous affronter. Nous sommes avant tout des Hommes, et des Femmes, et le respect avec lequel nous traitons quiconque autour de nous sans aucune distinction est tout ce dont nous avons besoin pour faire de nous des Hommes fiers… et unis.

Drapeau_français

Source





Je[u] politique.

25 10 2009

“ On ne fait pas de la politique tout seul. On fait de la politique parce qu’on aime les gens. Et quand on aime les gens on veut les comprendre. Et quand on veut les comprendre on se met à leur place. On écoute ce qu’ils disent. “

Jean Sarkozy, le 22 octobre 2009 au Journal de France 2.

.

J.Sarkozy_20H

Faux. Ça, c’est de l’Humanitaire. Être à leur écoute, les comprendre. C’est ce qui nous permet de les aider. Parce qu’il y a trop de gens que l’on écoute pas, ou que l’on ne veut pas entendre.

La politique, c’est l’art d’influencer les gens, afin de les gouverner. C’est la soif du pouvoir qui domine, c’est l’égo qui prime.

Tu te trompes de voie Jean. À moins que ce soit nous que tu trompes.





Humanité exprimée.

19 10 2009

Dans ce monde où les inégalités se creusent à mesure que le temps passe, réjouissons nous que la pensée ne reste pas figée, et que nous ne sommes pas seuls à se sentir aussi perturbés par tant d’inepties…

.

.

Merci à Vincent Lindon de laisser exprimer ainsi son humanité, de parler pour ceux que l’on n’entend pas ou que l’on ne veut pas entendre.

Source.